Comment St. George m'a (encore) botté le c**

Après une journée de course interminable à Saint George, UT pour le Championnat du monde Ironman, il me fallait quelques jours pour décanter et prendre du recul, histoire de comprendre pourquoi ça avait été si difficile. Mais comme on dit, quand on gagne on est content, et quand on perd, on apprend, alors voici un petit retour et quelques apprentissages de cette énorme course qui en a fait souffrir beaucoup!


En fait, mon premier constat, c'est qu'un Ironman, et encore plus un parcours de championnat, il ne faut jamais prendre ça à la légère. C’est fait pour être gros, difficile et plus long qu’une course normale, au moins pour nous, les groupes d’âges simples mortels qui ne gagnons pas notre vie avec ça! Dans mon cas, on l’avait pris comme une course B avec Arizona qui avait conclu ma saison tard et Lake Placid qui arrive dans seulement 10 semaines, mais si c’était à refaire, je ferais probablement des choix différents…


En route pour une première boucle autour du canyon, un peu moins que la moitié de fait.

Donc le jour de la course, on peut quand même dire qu’on a été chanceux parce que la journée a débuté avec une nage bien calme dans le réservoir de Sand Hollow qui avait magiquement gagné plus de 6 degrés F depuis le début de la semaine (58 à 64). Ça reste pas chaud, mais ça ne pique pas la face au départ au moins. J’étais quand même anxieuse dans l’eau toute la première moitié. Ça a fini par se placer, mais le retour n’a pas été plus facile avec les épaules qui fatiguaient dans le wetsuit (ma faute, pas assez remonté mes manches collées dans les race tattoos ☹ - note à moi-même, ça prend de la poudre de bébé). Ça a été long, mais je suis sortie de l’eau avec encore du gaz dans la tank, mon autre inquiétude parce que courir un Ironman 1-2 jours avant d’avoir ses règles, c’est pas mal le pire timing pour une femme 🙄. Mais bon, on fait avec les conditions qu’on a et sur le vélo, le plan était d’y aller de façon très conservatrice pour mettre toutes les chances de mon côté pour la course à pied. J’aimerais dire que ça a bien fonctionné, mais même en réduisant mon wattage cible pour tenir compte de l’altitude et de mon énergie, le vent bien présent, la chaleur INTENSE à partir de midi et les solides côtes dans le dernier tier du parcours m’ont donné pas mal de fil à retordre. Des conditions parfaites pour donner un coup de chaleur! À chaque station, je me suis versé de l’eau froide dans le dos et dans le casque, rempli les poches de glace et rajouté des glaçons dans ma torpille. Et le pire : me forcer à boire du Gatorade Endurance 🤣🤣. Ma plus grande satisfaction pour le vélo : les descentes où mon E119tri+disc équipé avec les roues ENVE SES 7.8 dépassait TOUT LE MONDE. Très très satisfaisant (et reposant parce que je me permettais de coaster pour me reposer un peu les jambes en vue de la course à pied!)


Parait que ça fait moins mal quand on sourit 😉

Déjà à la T2, je ne regardais plus trop le temps après un vélo interminable, mais j’étais déterminée à finir tout en sachant que ça n’allait pas être une partie de plaisir de courir dans les côtes en plein soleil à l’heure la plus chaude de la journée. Disons que cette course a été tout ce que je prévoyais, et même plus! J’ai continué le rituel de glace dans les poches + mouiller ma serviette refroidissante à chaque station et ça m’a surement évité le coup de chaleur de « boire » mes glaçons entre chaque station pour faire passer le goût du Gatorade. Le seul avantage de finir aussi tard, c’est que le soleil finit par se coucher et c’est moins chaud passé 20 h… Rendu là, il n’y avait plus tant de coureur sur le parcours : surtout des marcheurs! Disons que ça aide à relativiser, surtout quand même marcher fait mal. Heureusement, je me suis trouvé un super groupe de marche-course pour finir le dernier 10 km et ça a fait toute la différence pour tenir le coup jusqu’à l’arrivée. Ça et l’obstination de vouloir repartir avec une grosse médaille 🤣 Quand même fou la motivation que peut procurer un tel objet!


Même l'arrivée n'a pas été facile, avec un passe-câble sous le tapis qui a failli me faire planter, mais trop contente d'avoir fini pour ne pas partager la vidéo 🤣🤣


Au final, je ne peux pas dire que je suis fière de ma course parce que la performance n’était pas dans les cartes pour moi cette journée-là, pour différentes raisons sous et hors de mon contrôle. Par contre, je suis très fière d’avoir persévéré, d’avoir lâché prise par rapport au chrono pour ne pas me démoraliser et d’avoir juste continué à avancer pour terminer malgré la douleur et la fatigue. Sur le coup j’étais déçue de ne pas avoir pu performer dans une telle occasion, mais avec un peu de recul, je peux voir que j’ai beaucoup appris dans cette course et que je suis faite plus forte que je pensais. Continuer quand ça va bien, c’est facile. Continuer quand tout fait mal et qu’on voudrait juste aller se coucher, c’est une autre histoire! Je vais essayer de m'en souvenir la prochaine fois que je questionnerai mes choix de vie durant un marathon après 3,8 km de nage et 180 km de vélo 😅


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